Voici le temps de préparer vos vacances d’été. Dans quelques mois, des milliers de personnes vont prendre la route ou s’envoler vers des contrées lointaines. Ces départs imposent à notre environnement un chamboulement intense. Alors quelle solution pour rendre les vacances plus green ? Eco-tourisme ou tourisme responsable, solidaire, éthique ? Faisons le point sur cette nouvelle forme de vacance.
Le tourisme de masse débute dans les années 60, avec la société de consommation. Les bouleversements économiques de cette époque s’accompagnent d’un accroissement du niveau de vie, la législation évolue et permet aux travailleurs d’avoir plus de congés payés. Depuis 50 ans, les vacanciers augmentent de saison en saison, donnant lieu à la construction rapide de complexes balnéaires peut respectueux de la nature qui les entourent. La côte d’Azur en France et les plages du nord sont deux exemples flagrants de cette course à l’infrastructure vacancière. Dans cette quête, les promoteurs ont uniformisé au maximum les équipements, au point où le dépaysement est devenu presque inexistant. Mais vivre à l’européenne au fin fond des îles Galapagos a eu des effets dévastateurs sur l’environnement. Et comme tout s’entremêle, cette détérioration de la biodiversité nuit au développement des pays et des populations locales.
Du tourisme durable au tourisme équitable
Bon, ne vous alarmez pas (trop), il existe des solutions pour profiter de vos vacances sans détruire ce qui vous entoure. Il faut définir quelques concepts:
Tourisme durable: c’est le terme qui chapote tous les autres, il décrit un tourisme respectueux de l’environnement et de la culture locale tout en assurant une activité économique viable à long terme à la population.

Eco-Tourisme: correspond à un voyage dans des zones naturelles préservées afin d’apprécier, admirer et profiter de la nature avec une part d’éducation à la préservation de l’environnement. Depuis une quinzaine d’années, de nombreuses agences de voyage proposent des séjours plus éthiques et responsables. L'agence Sens Inverse est une des premières à avoir tenté l’aventure, elle développe des séjours à la rencontre des habitants et de leur environnement dans les Açores, à Madagascar mais aussi en France ou dans les Ardennes et ailleurs. D’autres agences disposent des mêmes services.
Tourisme équitable: ici les habitants proposent aux opérateurs des activités respectueuses de leur environnement et génératrice de revenus convenables pour eux. Emotion Planet répond aux valeurs d’équité, cette agence propose des vacances à la rencontre des habitants. Départ avec des groupes de 4 à 10 personnes, sur tous les continents, Emotion Planet traite directement avec les communautés et reverse 5% des revenus à des projets régionaux.
Tourisme participatif: un voyage où l’on réinvente la relation touriste-résident au travers d’échange de service, le couchsurfing est un bon exemple. Les Greeters rentrent aussi dans ce concept, ce sont habitants qui proposent de faire découvrir leur ville à des touristes, le tout gratuitement. Vous avez une communauté de Greeters à Bruxelles.
Tourisme solidaire: comme un séjour de coopération au développement, le voyageur participe a l’élaboration d’un projet local. Il renoue avec la population dans une perspective commune. L'asbl Quinoa, connue pour son éducation au développement, offre au public belge la possibilité de participer à un projet local lors d’un séjour à l’étranger. Reforestation en Equateur, aide au développement du micro-crédit au Bénin, c’est un projet à plus long terme qui se joue, avec un investissement plus intense qu’une simple réservation chez un tour opérator.
Un tour d’horizon rapide et succinct qui permet d’envisager dans un ensemble les offres proposées actuellement. Ces différents exemples démontrent la possibilité d'utiliser ses congés de manière plus réfléchie et plus éthique. Les agences Sens Inverse et Emotion Planet proposent des remises sur leurs vacances aux lecteurs de Greenoryou.be. Vous pouvez trouver d'autres voyages sur Voyages pour la Planète ou suivre l’actu sur Ecotourisme magazine.
Un label pour verdire son image ?
La complexité des terminologies n’aide pas à la promotion de ces nouveaux modes de vacances, d’ailleurs la multitude de labels augmente aussi la difficulté de s’accorder sur ces concepts écolo, notamment au niveau des hébergements.
Comment reconnaître une chambre plus écolo ? Il est important de rappeler que malgré tout certains label ont un prix, et que certaines chambres d’hôtes par exemple n’ont pas les moyens de se procurer ce petit logo. Pourtant certains offrent un service plus soutenable, alors pensez toujours à vous renseigner et n’hésitez pas à questionner le prestataire. Car souvent les actes pour l’environnement sont avant tout du bon sens, pour de nombreuses personnes.
Revenons-en à nos labels... Ecolabel Européen: il est instauré en 1992 et reconnu par tous les membres de l’Union. La Clé Verte (green-key.org) est un écolabel international, qui regarde dans son ensemble l’habitation (eau, déchet, énergie, produits d’entretien…) pour octroyer la labélisation, il commence à le faire pour les restaurants. Ecogîtes, label qui se trouve en France et en Wallonie. Hotels au Naturel, de nouveau en France : ces installations se trouvent dans des lieux d’exception avec une logique éco-responsable. Un des plus connus, les gîtes Panda : créé par le WWF, ce label soutient des gîtes ruraux ou des chambres d’hôtes qui répondent aux critères écologiques de l’ONG.
Bien d’autres labels existent mais il est difficile de différencier le greenwashing d’un véritable processus durable. Certaines sociétés créent elles-mêmes leur label sans concertation avec les acteurs du développement durable...mieux vaut garder les yeux ouverts!
A la rencontre de sa région
Le tourisme durable peut revêtir des formes simples et pleines de bons sens. La Belgique est au cœur de l’Europe, quatre frontières entourent le pays. Il est possible de changer d’air… à vélo, même si ces régions du nord ne sont pas les destinations les plus ensoleillées, elles offrent de beaux moments de détente. Si vous souhaitez rester en Europe mais que le vélo ne vous tente pas, pensez au covoiturage ! Différents sites proposent ce service: un bon moyen de rencontrer des gens et de réduire ses émissions de CO2.
Visiter les régions alentour permet aussi de mettre en valeur un patrimoine oublié. Les Ardennes belges disposent d’infrastructures écologiques (gîtes de Wallonie), et de randonnées vers de superbes paysages. Vous pourrez découvrir aussi les nombreuses brasseries et des monuments aux magnifiques architectures. Le Luxembourg, à deux heures de train, surprendra ses voyageurs. L'Allemagne ou les Pays-Bas ne manquent pas d'attrait non plus. Les collines de vignes le long de la Moselle, la région vallonnées et rocheuse de Mullerthal ou les Ardennes luxembourgeoises sont autant de trésors de biodiversité et de nature insoupçonnés. Ceci pour rappeler que les vacances peuvent se transformer en superbes souvenirs sans aller très loin, redécouvrez ce qui vous entoure..!
Crédits photos: Flickr / Alexandre Dulaunoy / matt.hintsa / Gaëtan Ducatteeuw
Article publié par Vanessa