Hammarby Sjöstad, un éco-quartier en plein cœur de Stockholm. Mais comment fonctionne ce genre d’habitation durable, quels en sont les objectifs au niveau énergétique, quid du recyclage des déchets etc ? Réponse dans les lignes qui suivent...Stockholm dévoile toi !

Au sud de Stockholm se trouve le quartier Harmmaby Sjöstad. Il y a encore une trentaine d’années ce coin de la ville était vu comme un terrain vague mal fréquenté. En 1994, la Suède souhaitait organiser les Jeux Olympiques de 2004, dans cet objectif elle a conceptualisé le village olympique dans ce quartier délabré. Pourtant ce dernier, délaissé depuis des années, a une situation stratégique au cœur de la ville : il relie le canal au lac Mälaren. Dans ce projet de village olympique, le souhait est de créer une zone durable réhabilitée après les jeux en éco-quartier. En fait ce fut Athènes qui sera déclaré lauréat. Cependant Stockholm n’abandonne pas le projet d’habitation. La ville ayant un besoin de nouveaux appartements, le projet sera lancé sans l’organisation des jeux. Six objectifs vont être imposés pour la réussite du quartier :
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Décontamination du site et réhabilitation en espaces verts
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Construction en matériaux durables
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Nombreux transports en commun
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Utilisation des sols déjà construits
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Gestion de l’énergie et des déchets les plus durables
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Bonne isolation thermique et phonique
La première étape fut de désinfecter et décontaminer les sols. Ancienne zone portuaire et industrielle Hammarby Sjöstad nécessite une réhabilitation de fond en comble. Les premiers immeubles vont sortir de terre très rapidement, en 1993-95, leur hauteur ne dépassera pas cinq étages afin de garder une harmonie avec le reste de la ville. La fin des constructions est prévue pour 2017 avec 25.000 résidents pour 11.000 logements.
Question énergie, comment ça se passe ?
Les bâtiments ont été construits de manière à être en basse consommation d’énergie. Le triple vitrage est de mise (presque partout en Suède d’ailleurs). Ils ont ouverts les appartements pour le plus de lumière possible avec une orientation plein sud. Des panneaux solaires ont été installés sur les toits et les déchets venant des eaux usées sont utilisés dans une centrale biogaz qui produit, elle aussi, une part des besoins énergétiques.
Niveau déchet ?
Le recyclage, c’est la base. Ils recyclent, le verre, le papier et cartons, le métal et les déchets organiques. Des conteneurs sont mis à disposition pour les objets électroniques, les ampoules etc. La collecte des déchets est intéressante: ceux-ci sont déposés dans des tubes métalliques (pour les déchets organiques, papier et le plastique). Ici, ils sont soit récupérés par un camion qui passe en souterrain (adieu les rues remplies de poubelles), soit aspirés par un système pneumatique (ENVAC) qui les emmène directement au lieu de traitement.
L’eau ?
L’objectif affiché est de réduire de 50% la consommation d’eau (qui s’élève à 180 litres par jour pour un stockholmois). Pour ce faire, il faut une forte sensibilisation des habitants. Pour la technique, d’un côté les eaux usées sont traitées dans la station d’épuration qui jouxte le quartier. Et les boues sont transformées en biogaz et alimente les gazinières des appartements. De l’autre côté, les eaux de ruissellements sont traitées séparément car elles sont plus chargées en particules que les eaux de pluies, qui elles sont drainées localement dans un petit bassin, qui les filtre et les rejette dans le lac.
La mobilité et les transports ?
Le réseau de pistes cyclables, avec des revêtements de qualité, est tout simplement époustouflant à Stockholm et ce quartier suit cette logique. Des abris sont prévus afin de protéger la petite reine des intempéries. Aussi, les Suédois ont su conserver un usage régulier de la mobilité douce. Un réseau de tramways et de bus relie Harmmaby Sjöstad au centre ville. Des voitures partagées sont mises à disposition des habitants grâce au service Sunfleet (le Cambio suédois). Et « le plus », dans une ville qui vit sur l’eau, c’est le bateau gratuit qui transporte les habitants jusqu’à Södermalm, c’est beaucoup plus rapide et en période estivale ça vaut le détour.
La nature ?
Stockholm est déjà une ville qui s’entoure et s’approprie la nature. Habiter ici, c’est comme vivre à la campagne. Le quartier s’est construit au bord de l’eau, différents ponts relient les quartiers. Les bateaux de plaisance sont alignés en attendant les beaux jours. Des zones de repos ont été installées pour faire progresser la biodiversité. Pour rendre encore plus agréable cet espace, les concepteurs ont pensé à tracer des promenades, avec des bancs, des pontons près de l’eau afin de laisser respirer la biodiversité et les citadins ont même des lieux de baignades qui sont à leur disposition. En plein cœur de la ville c’est magique.
Information et sensibilisation: GlashusEtt
Pour optimiser les résultats de réduction énergétique du quartier, la sensibilisation des habitants est une nécessité. Une maison d’information a été placée de manière centrale dans le quartier. Chacun peut venir poser ses questions sur tous les sujets d’Hammarby Sjöstad. De plus, le coordinateur organise des activités ou des réunions avec les habitants pour mieux vivre ensemble. Pour exemple, le personnel de GlashusEtt indique aux habitants quels produits d’entretiens ou d’hygiène utiliser pour éviter trop de pollution dans les eaux.
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La location à Stockholm
La location privée n’existe pas dans la capitale suédoise. On trouve une majorité de propriétaires, c’est uniquement la ville qui s’occupe entièrement des locations. L’administration propose de s’inscrire sur une liste (souvent très longue) afin d’obtenir un appartement de location appartenant à la ville. Vous ne trouverez que des sous-locations (souvent illégales) si vous ne passez par l’organisation étatique.
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Les résultats de ce quartier durable
Tout projet a ses réussites et ses défauts. L’éco-quartier démontre dans son ensemble son efficacité. Pourtant deux points manquent à l’appel. Premièrement la mixité sociale reste absente : la construction au coût élevée a découragé les plus modestes. Il est composé d’ 1/3 de locataires (mais quand on connaît les difficultés qu’éprouvent les stockholmois pour se loger, habiter dans ce quartier doit être un privilège, voir encadré), et de 2/3 de propriétaires. Deuxièmement, un point manquant et pourtant essentiel dans un projet durable, il n’y a aucun magasin d’alimentation écologique. Le commerce du quartier n’est pas encore arrivé à maturité, pourtant les aliments sont la base d’une harmonisation avec la nature. Particulièrement quand la population vivant dans le quartier se compose essentiellement de famille avec des enfants en bas âge. Espérons qu’une politique de commerces alimentaires de proximité se mette en place rapidement.
Dans l’ensemble le projet Hammarby Sjöstad est une réussite. Des réductions d’énergie sont observées, il se situe 30 à 40% en dessous des consommations des autres quartiers. Cela tient particulièrement grâce aux bâtiments eux-mêmes. Les habitants sont encore peu enclins à descendre d’un degré la température de leur appartement. Le temps et la sensibilisation devraient faire évoluer la situation dans les années à venir. Le développement durable porte bien son nom.
Cet article ne se serait pas fait sans l’aide précieuse de Séverine Bouvier, guide à Stockholm.
Crédit photo: Flickr / jimmyroq/ Design for Health
Article rédigé par Vanessa